Pour aller plus loin, consultez notre guide sur le chauffe-eau thermodynamique.
Préparation avant installation : vérifications et dimensionnement
L’installation d’un chauffe-eau thermodynamique (CET) commence bien avant l’arrivée du technicien. Cette phase de préparation est critique : c’est elle qui détermine si votre système fonctionnera correctement et si vous pourrez accéder aux aides MaPrimeRénov’ ou aux Certificats d’Économie d’Énergie (CEE).
La première vérification concerne la nature de votre logement. Un chauffe-eau thermodynamique convient à la plupart des habitations, mais certaines configurations l’interdisent formellement. Si votre maison est un petit studio en étage sans accès à une zone de 10 m³ ventilée (volume minimum exigé pour capter l’air ambiant), l’installation sera impossible. De même, si votre logement est parfaitement étanche sans possibilité de circulation d’air, le système ne pourra pas fonctionner.
Vérifiez ensuite votre puissance électrique disponible. Une pompe à chaleur air-eau pour la production d’eau chaude consomme entre 1 et 3 kW. Si votre installation électrique actuelle est limitée (ancien compteur 6 kVA par exemple), vous devrez demander un renforcement auprès de votre fournisseur avant toute intervention. Cette démarche administrative prend 2 à 4 semaines et doit être engagée en amont.
Le dimensionnement de la puissance thermique est ensuite fondamental. Il dépend de trois facteurs :
- Le nombre de personnes au foyer (chaque occupant consomme environ 40 à 60 litres d’eau chaude par jour)
- Le volume du ballon thermodynamique à installer (généralement 100 à 300 litres)
- La température d’eau froide entrante en hiver (6 à 12 °C en France selon la région)
Un sous-dimensionnement réduit dramatiquement le coefficient de performance saisonnier (COP) et invalide souvent l’éligibilité aux aides. Un sur-dimensionnement augmente les coûts et la consommation électrique inutilement. Un professionnel RGE doit donc réaliser un diagnostic thermique avant la signature du devis.
Exemple concret : Pour un foyer de 4 personnes en région Occitanie, un ballon de 200 litres avec une pompe à chaleur de 2,5 kW dimensionnée pour monter l’eau de 10 °C à 55 °C en 2 heures représente le choix optimal. Un dimensionnement insuffisant (ballon 100 litres, puissance 1,5 kW) forcerait le système en relance électrique permanente, dégradant le COP réel à moins de 2,0 (au lieu de 3,5 attendu), ce qui peut faire perdre l’accès aux aides.
Localisation et préparation du site d’installation
Le choix de l’emplacement du chauffe-eau thermodynamique impacte directement sa performance et sa conformité aux normes d’installation.
Volume et ventilation : Le local doit offrir un minimum de 10 m³ (souvent l’équivalent d’une pièce de 3 m × 3 m × 1,10 m). Cet espace doit être ventilé naturellement ou mécaniquement pour garantir un apport continu d’air frais. En hiver, l’air prélevé refroidit la pièce (phénomène appelé « climatisation hivernale »), ce qui est normal et prévu dans le dimensionnement. Si la ventilation est insuffisante, l’efficacité du système chute et des condensations peuvent se former sur les murs ou parois adjacentes, endommageant la structure du bâtiment à long terme.
Contraintes de placement : Installez le chauffe-eau thermodynamique de préférence :
- Dans un local technique, un garage non chauffé, une buanderie ou un cellier
- Loin des zones de vie (chambre, bureau) à cause du bruit généré par le compresseur (40 à 50 décibels)
- À distance minimale de 1 mètre des parois adjacentes pour la circulation d’air
- Sur une surface plane et stable capable de supporter 300 à 400 kg (ballon + eau + structure)
- Protégé de l’humidité excessive (cave très humide déconseillée, bien que pas interdite avec aération renforcée)
Impact sur la distance de raccordement : Éloigner le chauffe-eau des radiateurs existants représente un avantage. Une tuyauterie longue de 15 à 20 mètres entre la pompe à chaleur et le circuit chauffage n’est pas un problème en soi, mais elle doit être isolée thermiquement (gaine de 25 mm minimum). Sans isolation, les pertes thermiques pendant la circulation grignotent 5 à 10 % de la performance réelle, ce qui réduit le COP global et peut invalider l’accès aux aides si la performance promise n’est pas atteinte à la mise en service.
Accès et zone de manipulation : Prévoyez un dégagement de 50 cm minimum autour du balllon pour les opérations de maintenance : remplacement du groupe de sécurité, vidange, nettoyage des filtres. Cette contrainte est vérifiée lors du contrôle de conformité final.
Les 6 étapes techniques de la pose et raccordement
Une fois le site préparé, l’installation suit un protocole précis. Chaque étape doit respecter les normes EN 12098-5 (spécifique aux systèmes de chauffage par pompe à chaleur) et les règles d’installation locales.
Étape 1 : Dépose de l’équipement existant
Avant toute nouvelle installation, le chauffe-eau ou système ancien doit être retiré. Si c’est un ballon électrique classique :
- Couper l’alimentation électrique au disjoncteur
- Fermer la vanne d’arrivée d’eau froide
- Vidanger le ballon en ouvrant le robinet de puisage ou le bouchon de vidange
- Débrancher les conduites eau chaude et eau froide
- Retirer le support mural ou au sol
Cette étape est simple mais indispensable : tout résidu de l’ancien système (calcaire, rouille, débris) contamine le circuit fermé du nouveau chauffe-eau et réduit la durée de vie du compresseur.
Étape 2 : Installation du support et de la structure
Fixez le support de la pompe à chaleur (ou du ballon thermodynamique intégré) en utilisant les ancres prévues par le fabricant. Le châssis doit être parfaitement horizontal (vérifiez au niveau à bulle). Une inclinaison de plus de 2 % peut créer des poches d’air dans le circuit, nuisant à l’efficacité et à la fiabilité.
Tous les éléments annexes sont ensuite positionnés : circulateur, vanne 3 voies (si intégration radiateurs existants), groupe de sécurité, vase d’expansion, filtres.
Étape 3 : Raccordements hydrauliques
Les tuyauteries reliant la pompe à chaleur, le ballon d’eau chaude, et le système existant doivent être en cuivre, acier inox, ou polyéthylène réticulé (PER) pour éviter la corrosion et les fuites. Les joints doivent être neufs et compatibles avec les fluides utilisés.
Points critiques de cette étape :
- Raccordement eau froide : Connectez une arrivée d’eau froide munie d’un clapet anti-retour. Cet élément est obligatoire pour éviter que l’eau du ballon ne retourne au réseau public, ce qui violerait les normes sanitaires.
- Raccordement eau chaude : Sortie vers radiateurs existants (si chauffage intégré) ou vers sanitaires uniquement. Une vanne d’isolement doit permettre de couper l’eau chaude en cas de maintenance.
- Tuyauterie de circulation : Relie la sortie de la pompe à chaleur au ballon et revient. Son diamètre dépend du débit volumique du circulateur (souvent 3/8 pouces). Cela représente généralement 16 à 22 mm de diamètre extérieur.
- Isolation thermique : Toutes les conduites d’eau chaude doivent être recouvertes d’une gaine isolante de 25 mm minimum (mousse polyéthylène ou laine). Cette isolation est obligatoire par la réglementation thermique française et directement contrôlée à la mise en service.
La tuyauterie doit aussi intégrer un groupe de sécurité (combinaison vanne de fermeture + clapet anti-retour + soupape de décharge). Ce groupe protège le ballon contre les pressions excessives et doit être dimensionné selon le volume du ballon (typiquement 3 bar pour 200 litres).
Étape 4 : Raccordements électriques
Le circulateur, la vanne 3 voies motorisée (le cas échéant), et le compresseur de la pompe à chaleur requièrent tous une alimentation électrique dédiée. Cette alimentation doit provenir du tableau électrique avec un disjoncteur différentiel 30 mA (conformité obligatoire) et un fusible ou disjoncteur de puissance appropriée.
Tous les câbles doivent être en gaine professionnelle, correctement repérés (code couleur : bleu = neutre, marron/noir = phase, rayé vert-jaune = terre) et installés à distance des conduites d’eau pour éviter les courts-circuits. La mise à terre de la structure métallique du chauffe-eau est obligatoire.
Étape 5 : Installation du circulateur et des accessoires
Le circulateur est la pompe chargée de faire circuler l’eau chaude dans le circuit. Il doit être monté sur le retour (eau refroidie) plutôt que sur l’aller (eau chaude sortant du compresseur) pour prolonger sa durée de vie. Le sens de circulation indiqué sur le corps de la pompe doit correspondre au flux réel.
Le vase d’expansion (généralement de 5 à 20 litres selon le volume total du circuit) absorbe les variations de volume d’eau dues à la dilatation thermique. Il doit être pré-chargé à la pression correcte avant la mise en eau. Une mauvaise pression de pré-charge réduit son efficacité et peut provoquer des fuites ou des à-coups de pression pendant le fonctionnement.
Les vannes d’isolement (2 ou 3 selon la configuration) permettent d’isoler rapidement le système en cas de maintenance ou dépannage. Elles doivent être facilement accessibles et clairement étiquetées.
Étape 6 : Intégration du système chauffage existant
Si le chauffe-eau thermodynamique remplace un ancien chauffage ou doit le complémenter :
- Configuration monoénergie : Le CET alimente uniquement l’eau chaude sanitaire. Les radiateurs restent connectés à l’ancien système (chaudière gaz, pompe à chaleur air-air, etc.).
- Configuration hybride : Une vanne 3 voies motorisée pilotée par un thermostat/régulation permet de basculer l’eau chaude du CET soit vers le circuit chauffage, soit vers le sanitaire selon les besoins saisonniers. Ce type d’intégration maximise l’efficacité énergétique globale.
La vanne 3 voies doit être calibrée correctement : son seuil de commutation et son temps de réponse sont programmés dans la régulation pour éviter les accumulations d’eau froide ou les surchauffes de radiateurs. Cette calibration est réalisée lors de la mise en service.
Mise en service et réglages : paramétrage optimal
La mise en service est l’étape fondamentale qui transforme votre installation d’une « machine statique » à un « système performant fonctionnel ». Elle conditionne directement l’accès aux aides et la performance réelle promis.
Amorçage et purge d’air
Une fois tous les raccordements terminés, le circuit doit être rempli progressivement d’eau et l’air résiduel évacué. L’air emprisonné dans les tuyauteries provoque des blocages, des bruits de circulation, et réduit le transfert thermique.
Procédure :
- Ouvrir très lentement la vanne d’arrivée d’eau froide pour laisser l’eau s’infiltrer dans tout le circuit
- Ouvrir les purgeurs situés aux points hauts (sortie ballon, haut du circulateur) pour évacuer l’air
- Continuer jusqu’à ce que de l’eau s’écoule continuellement (1 à 5 minutes par purgeur selon le volume)
- Fermer les purgeurs une fois l’eau stable sans bulles
Cette opération requiert patience et rigueur. Un circuit mal purgé ne révèle ses défauts que quelques jours après la mise en service, causant une panne soudaine et délai supplémentaire pour la mise en conformité.
Test d’étanchéité
Après remplissage, la pression du circuit doit être vérifiée. La pression statique est généralement fixée à 1,5 bar à froid. Un manomètre est raccordé au circuit pour mesurer cette pression. Elle doit rester stable pendant 30 minutes sans baisse : si la pression chute, une fuite existe quelque part.
Le test d’étanchéité est un document obligatoire pour l’accès aux aides. Il doit être réalisé conformément à la norme EN 12098-5 et signé par le technicien RGE. Le rapport inclut :
- Pression de consigne et pression mesurée
- Durée du test (minimum 30 minutes)
- Conclusion : conforme ou non-conforme
- Date et signature du technician
Programmation et calibrage des capteurs de température
Le système est piloté par un régulateur (thermostat digital ou « tête thermodynamique ») qui mesure :
- La température d’eau chaude dans le ballon (via capteur de thermistance immergé)
- La température de consigne programmée par l’utilisateur (55 à 65 °C généralement)
- La température d’air ambiant (si configuration hybride)
Lors de la mise en service, ces capteurs doivent être vérifiés et calibrés. Un décalage de +/- 3 °C fausse l’ensemble du pilotage et réduit la performance saisonnière mesurée. Si le capteur indique 52 °C alors que l’eau réelle est à 48 °C, le système compense en forçant la relance électrique, augmentant inutilement la consommation.
Paramétrage type :
- Température de consigne eau chaude : 55 °C (optimum performance/consommation/sécurité légionellose)
- Hystérésis (écart avant redémarrage) : 3 à 5 °C
- Programmation horaire : chauffage eau chaude en heures creuses si tarification heures pleines/creuses
- Mode relance électrique appoint : autorisé uniquement si température < 45 °C (sécurité sanitaire)
Test de consommation réelle et COP
Après 24 heures de fonctionnement stabilisé, le technicien relève les données réelles :
- Consommation électrique du compresseur (kWh)
- Énergie thermique produite (kWh)
- COP calculé = Énergie thermique ÷ Énergie électrique
Exemple concret : Un chauffe-eau thermodynamique dimensionné pour produire 3 kWh de chaleur utile en prélevant 1 kWh électrique affiche un COP de 3,0. Si le COP mesuré à la mise en service est inférieur à 2,5 (15 % en dessous de la promesse), cela signale un défaut : circuit mal purgé, compresseur en sous-régime, isolation tuyauterie insuffisante. Le technicien doit identifier et corriger le problème avant de valider la mise en service.
Ce test est crucial : si le COP réel reste inférieur aux performances attendues déclarées dans le dossier d’aide, l’installation ne sera pas certifiée conforme et les aides peuvent être remboursées ultérieurement.
Contrôles de conformité et certification pour obtenir les aides
Une fois l’installation complète et la mise en service validée, des contrôles obligatoires doivent être réalisés pour accéder aux aides (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ).
Attestation RGE et déclaration auprès de l’ADEME
L’entreprise d’installation doit obligatoirement disposer d’une certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) pour la pose de pompes à chaleur. Cette certification est vérifiée sur le site faire.gouv.fr (portail d’accès aux aides).
Une attestation RGE doit être fournie avec le devis et la facture. Cette attestation inclut :
- Numéro d’immatriculation RGE de l’entreprise
- Domaine couvert : « Pompes à chaleur »
- Date de validité : généralement 4 ans
Sans cette attestation, aucune aide ne peut être versée, même si l’installation est techniquement conforme.
Déclaration de conformité énergétique
Le technicien doit remplir et signer une déclaration attestant que l’installation respecte :
- Les normes EN 12098-5 et EN 14511 (systèmes de chauffage pompe à chaleur)
- Les règles de l’art en vigueur en France (RGE)
- Les critères de performance minimale : COP saisonnier ≥ 3,0 pour une pompe à chaleur air-eau
Cette déclaration doit être envoyée à l’ANAH dans les 30 jours suivant la facturation pour les dossiers MaPrimeRénov’.
Test d’étanchéité conforme EN 12098-5
Le test d’étanchéité du circuit fermé est obligatoire et doit être réalisé selon le protocole précis de la norme EN 12098-5 :
- Pression de test : généralement 1,5 bar (selon le volume du ballon)
- Durée minimale : 30 minutes
- Critère de conformité : perte de pression < 0,1 bar sur 30 minutes
- Documentation : rapport daté, signé, avec photo du manomètre
Ce test est formellement vérifiable par un auditeur externe lors du contrôle d’octroi des aides. Son absence ou sa non-conformité invalide l’aide.
Contrôle de l’isolation thermique des tuyauteries
Un point de contrôle spécifique porte sur l’épaisseur de l’isolation des tuyauteries d’eau chaude. La réglementation exige :
- Isolation minimum 25 mm pour diamètre tuyauterie ≤ 25 mm
- Isolation minimum 30 mm pour diamètre tuyauterie > 25 mm
- Isolant doit couvrir 100 % de la longueur des canalisations en eau chaude
Les zones de raccordement (vannes, coudages) souvent mal isolées sont pointées lors du contrôle. Une isolation insuffisante entraîne des pertes thermiques importantes et une réduction du COP réel. Elle peut suffire à rejeter le dossier d’aide.
Rapports d’installation et performance énergétique
L’entreprise RGE doit fournir un dossier complet contenant :
| Document | Contenu minimum | Validité |
|---|---|---|
| Fiche de dimensionnement | Puissance thermique, volume ballon, COP attendu, consommation annuelle estimée (kWh) | Obligatoire avant travaux |
| Rapport de mise en service | Pressions mesurées, COP réel, réglages appliqués, purgeur utilisé | Obligatoire après travaux |
| Test d’étanchéité EN 12098-5 | Pression initiale/finale, durée test, conclusion (conforme/non-conforme) | Obligatoire pour aides |
| Attestation RGE | Numéro RGE, domaine couvert, dates validité | Obligatoire pour aides |
| Déclaration de conformité | Signature du technicien confirmant respect EN 12098-5 | Obligatoire pour aides |
| Mode d’emploi utilisateur | Consignes de sécurité, programmation, maintenance préventive | Informatif mais attendu |
Ces documents doivent être rassemblés dans le dossier technique transmis à l’organisme qui verse les aides (ANAH pour MaPrimeRénov’, fournisseur d’énergie pour CEE).
Échelonnement des aides et conditions actuelles
L’accès aux aides pour un chauffe-eau thermodynamique est soumis à des conditions de revenu et de performance. À titre d’exemple, MaPrimeRénov’ applique un échelonnement de 50,0 % depuis le 31 octobre 2026 pour certains profils de ménages. Cela signifie que le montant d’aide calculé de base est réduit de moitié pour les ménages ayant un revenu dépassant légèrement le seuil d’éligibilité.
Pour connaître votre situation exacte et l’aide dont vous pouvez bénéficier, consultez le dossier complet Aides chauffe-eau thermodynamique 2026 : dossier. Ce dossier détaille les critères d’éligibilité à jour pour chaque type d’aide et chaque catégorie de revenu.
Points clés à retenir
- La préparation en amont est critique : Un mauvais dimensionnement ou une localisation inadéquate invalident les aides même si l’installation technique est correcte. Faites réaliser un diagnostic thermique par un RGE avant toute signature de devis.
- Chaque étape technique a un impact mesuré : De la purge d’air au calibrage des capteurs, chaque détail affecte le COP réel qui sera vérifié à la mise en service. Un COP inférieur de 15 % à la promesse peut suffire à rejeter votre dossier d’aide.
- Les documents de conformité ne sont pas optionnels : Test d’étanchéité EN 12098-5, attestation RGE, déclaration de conformité, rapport de mise en service : chacun est vérifié par l’organisme qui verse l’aide. Une absence invalide le dossier entièrement.
- L’isolation thermique des tuyauteries est un contrôle fréquent : Des zones mal isolées (raccordements, coudages) entraînent des pertes énergétiques mesurables et sont détectables lors d’un audit. Vérifiez cette réalisation avant de valider la fin des travaux.
- Privilégiez un professionnel RGE avec référence : Un artisan certifié maîtrise l’ensemble de ces étapes et produit automatiquement les documents d’aide. Le coût horaire peut être légèrement plus élevé, mais il garantit l’accès aux aides et la performance énergétique réelle de votre système.
FAQ : Questions fréquemment posées
Peut-on installer soi-même un chauffe-eau thermodynamique ?
Techniquement, une personne ayant des compétences en plomberie et électricité peut réaliser elle-même une installation. Cependant, cette démarche est fortement déconseillée pour plusieurs raisons :
- Aucune aide n’est accessible sans attestation RGE. Seul un professionnel certifié peut légalement attester que l’installation respecte les normes. Même si votre installation est techniquement impeccable, sans RGE vous perdez automatiquement MaPrimeRénov’, les CEE et l’éco-PTZ.
- Les normes EN 12098-5 et EN 14511 requièrent une expertise technique : calcul de dimensionnement, pré-charge vase d’expansion, calibrage capteurs de température. Un oubli invalide la performance énergétique et la sécurité du système.
- Les risques de sécurité (électrique, hydraulique) sont réels : une mauvaise connexion électrique crée un danger d’électrocution ; une fuite hydraulique endommage votre bâtiment.
- La mise en service requiert du matériel spécialisé (manomètre, thermomètre, outillage de purge) qui n’est pas standard en outillage domestique.
En résumé : si l’accès aux aides est votre objectif (ce qui est généralement le cas économiquement), seul un professionnel RGE est légitime pour réaliser l’installation.
Quelles sont les normes obligatoires pour l’installation et les aides ?
Les normes légalement obligatoires en France pour un chauffe-eau thermodynamique sont :
- EN 12098-5 (Contrôle des systèmes de chauffage et de climatisation par pompes à chaleur) : définit les procédures de test, d’étanchéité, de mise en service.
- EN 14511 (Pompes à chaleur — Conditions d’essais, marquage, garantie de rendement) : caractérise les performances du compresseur et de la pompe à chaleur.
- Réglementation thermique française (RT 2012 ou RE 2026 selon année construction) : exige que tout système d’eau chaude contribue à réduire les émissions de CO2 du bâtiment.
- Déclaration préalable auprès de la mairie (si volumes de la pompe à chaleur sortent du bâtiment) : obligatoire pour éviter d’être en infraction urbanistique.
Pour l’accès aux aides (MaPrimeRénov’, CEE), s’ajoute l’exigence :
- Certification RGE de l’entreprise : doit couvrir la pose de pompes à chaleur pour eau chaude sanitaire ou chauffage.
- Rapport de mise en service conforme EN 12098-5 : obligatoirement fourni à l’organisme d’aide.
- Attestation d’performance énergétique : preuve que le COP attendu est atteint in situ.
Ces normes ne sont pas optionnelles : elles conditionnent la légalité de l’installation et l’accès à tout financement public.
Combien de temps dure la mise en service et les tests ?
La mise en service d’un chauffe-eau thermodynamique demande généralement 2 à 4 heures après l’installation physique :
- Remplissage et purge d’air : 30 à 60 minutes — durée variable selon le volume du ballon et le nombre de purgeurs.
- Test d’étanchéité : 45 minutes — 30 minutes de mesure stabilisée + documentation.
- Calibrage des capteurs et programmation : 20 à 30 minutes — vérification des seuils de température et des paramètres de relance électrique.
- Test de démarrage et vérification COP : 30 à 60 minutes — laisser tourner le compresseur le temps de collecter les données réelles.
Important : Le rapport de COP réel n’est fiable qu’après un fonctionnement d’au moins 24 heures. Le technicien peut relever des données provisoires le jour même, mais la conformité finale est validée après 1 jour de suivi. Si le COP mesure 2,8 (au lieu de 3,0 attendu), un diagnostic supplémentaire de 1 à 2 heures peut être nécessaire pour identifier le problème.
En cas de problème détecté, les correctifs (purge supplémentaire, recalibrage capteur, ajustement vase d’expansion) ajoutent 1 à 3 heures.
Quels documents obtenir après installation pour valider les aides ?
Pour que votre demande d’aide soit acceptée, vous devez transmettre un dossier contenant obligatoirement :
- Devis accepté et signé : inclus l’attestation RGE de l’entreprise.
- Facture acquittée : datée, avec prestations détaillées, montant TTC et RGE visible.
- Rapport de mise en service : signé par le technicien, datant de la visite finale, incluant pressions mesurées, COP calculé, réglages appliqués.
- Test d’étanchéité EN 12098-5 : signé et daté, pression initiale/finale notée, conclusion « conforme ».
- Attestation de conformité énergétique : signée par le technicien, confirmant respect des normes EN 12098-5 et performance minimale atteinte.
- Fiche de dimensionnement : établie avant travaux, justifiant les choix de puissance et volume du ballon.
- Copie de l’attestation RGE (extrait du site faire.gouv.fr) : à jour et couvrant le domaine « Pompes à chaleur ».
Vous pouvez aussi rassembler une photo du chauffe-eau installé et de l’isolation thermique des tuyauteries : cela facilite la vérification en cas de doute.
Ces documents doivent être fournis à l’organisme qui verse l’aide (ANAH pour MaPrimeRénov’, fournisseur d’énergie ou tiers-demandeur pour CEE) dans les délais impartis (généralement 6 mois après la date de facture). Passé ce délai, la demande devient inéligible.
Comment vérifier que l’installation n’a pas de fuite ou problème ?
Voici les vérifications que vous pouvez réaliser vous-même après la mise en service :
- Inspection visuelle des raccordements : Regardez chaque joint de tuyauterie (en bas du ballon, sur la vanne 3 voies, à la sortie du circulateur). Aucune goutte d’eau ne doit suinter. Si vous observez une trace d’humidité ou de calcaire sec (résidu blanc), une fuite existe.
- Vérification de la pression du circuit : Le manomètre sur le système (s’il est accessible) doit afficher 1,5 bar à froid et peut monter à 2,5 bar après chauffe. Si la pression baisse progressivement jour après jour sans raison (par exemple perte de 0,1 bar par jour), c’est le signe d’une micro-fuite.
- Écoute du bruit de fonctionnement : Le compresseur doit produire un bourdonnement régulier (40 à 50 dB) et stable. Un bruit saccadé, des cliquetis répétés, ou une vibration excessive indiquent un problème mécanique (bulles d’air, givre, défaut compresseur).
- Mesure de la température d’eau chaude : Remplissez un verre d’eau à la bonde la plus proche du ballon. Elle doit être chaude (entre 50 et 65 °C selon votre programmation) dans les 10 secondes. Si l’eau reste tiède ou froide, le circuit n’alimente pas correctement.
- Consommation électrique attendue : Consultez votre compteur Linky ou votre facture. Un chauffe-eau thermodynamique consomme entre 600 et 1500 kWh par an selon la configuration et le foyer. Si votre consommation affichée explose d’un coup, la relance électrique appoint est suractivée (mauvais réglage ou panne du compresseur).
En cas de problème détecté : Contactez immédiatement l’entreprise RGE qui a réalisé la mise en service. Si l’anomalie est découverte dans les 10 jours suivant la facture, elle doit être corrigée gratuitement (c’est la garantie de bon fonctionnement). Passé ce délai, les frais de dépannage peuvent être facturés, sauf défaut de conformité avoué.
Pour l’accès aux aides : Si un problème majeur est détecté avant validation du dossier d’aide, signalez-le à l’entreprise et demandez un rapport correctif. Cela n’invalide pas l’aide si la correction respecte les normes. En revanche, si la correction n’est jamais apportée et que vous déclarez l’installation conforme à l’organisme d’aide, vous risquez un contrôle ultérieur et un remboursement partiel ou total de l’aide.
